Lorsque l'union des âmes a été parfaite, toute atteinte à ce beau idéal du sentiment est mortelle. Là où les scélérats se raccomodent après des coups de poignards, les amoureux se brouillent irrévocablement pour un regard, pour un mot.
Dans ces souvenirs de la quasi perfection de la vie du coeur se trouve le secret de séparations souvent inexplicables.
On peut vivre avec une défiance au coeur, alors que le passé n'offre pas le tableau d'une affection pure et sans nuages ; mais pour deux êtres autrefois parfaitement unis, la vie quand le regard, la parole exigent des précautions, devient insupportable.
Aussi les grands poètes font-ils mourir leurs Paul et Virginie au sortir de l'adolescence. Comprendriez-vous Paul et Virginie brouillés ? (...)
En fait d'argent tout s'arrange ; mais les sentiments sont impitoyables.
Honoré de Balzac

Pardonnez-moi
Mes faiblesses, mes faux pas
Et mes erreurs, qui n'en fait pas ?
Mes silences, mes absences
Ma violence, mon arrogance

Lorsqu'une relation s'achève, on conserve longtemps la dernière image de l'autre. Autant qu'elle soit valorisante.
La courtoisie. Très souvent, en cas de conflit, on pense "Ducon" au lieu de "Monsieur". Eh bien, si on se force à dire "Monsieur" quand même, le reste suit.
L'attitude corporelle. Une posture confiante et assurée est le 1er pas vers la dignité. La preuve : tentez de préserver votre magnificence avachie dans un canapé ou l'oeil rivé sur le bout de vos Converse, vous verrez, c'est rigoureusement impossible. Alors on se tient droit, les pieds ancrés au sol, les épaules en arrière et le cou bien dégagé - mais pas le menton relevé, ça, c'est de la fierté ou de l'arrogance, malgré l'habituelle confusion, cela n'a rien à voir avec la dignité.
La réserve. On ne chouine pas, on ne se plaint pas, on ne crie pas, on n'insulte pas, on ne frappe pas, même du plat de la main. Dans la plupart des cas, le silence est essentiel. Ou une réponse courte. Il est très rare qu'une heure de monologue enfiévré produise un effet d'élégance :-)



