Tu n'as pas l'habitude d'être contrariée, ai-je dit à mon reflet dans le miroir. Tu as horreur de ça. Quant à toi, là-bas, j'espère que tu penses que tant de souffrance en vaut la peine, espèce d'imbécile obstiné.
Feat. Elizabeth Buchan

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir ; coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s'écartent,
Et, sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !
Le Voyage I
... qu'importe,
(...)
Si ton oeil, ton souris, ton pied, m'ouvre la porte
D'un infini que j'aime et n'ai jamais connu ?
(...)
Qu'importe, si tu rends, - ...
Rythme, parfum, lueur,
L'univers moins hideux et les instants moins lourds ?
Hymne à la Beauté

« Ce qui alors me fit tant de mal, c’était la déception… la déception de voir… que ce jeune homme était parti si docilement… sans aucune tentative pour me garder, pour rester auprès de moi… de voir qu’il obéissait humblement et respectueusement à ma première demande l’invitant à s’en aller, au lieu… au lieu d’essayer de me tirer violemment à lui… de voir qu’il me vénérait uniquement comme une sainte apparue sur son chemin… et qu’il… qu’il ne sentait pas que j’étais une femme.
Car… maintenant, je ne m’abuse plus…, si cet homme m’avait alors saisie, s’il m’avait demandé de le suivre, je serais allée avec lui jusqu’au bout du monde ; j’aurais déshonoré mon nom et celui de mes enfants… Indifférente aux discours des gens et à la raison intérieure, je me serais enfuie avec lui… Je n’aurais pas demandé ni où j’allais, ni pour combien de temps ; je n’aurais pas jeté un seul regard derrière moi, sur ma vie passée… J’aurais sacrifié à cet homme mon argent, mon nom, ma fortune, mon honneur… Je serais allée mendier et probablement il n’y a pas de bassesse au monde à laquelle il ne m’eût amenée à consentir.
J’aurais rejeté tout ce que parmi les hommes on nomme pudeur et réserve ; si seulement il s’était avancé vers moi, en disant une parole ou en faisant un seul pas, s’il avait tenté de me prendre, à cette seconde j’étais perdue et liée à lui pour toujours.
Mais cet être singulier ne jeta plus un regard sur moi, sur la femme qui était en moi… Et combien je brûlais de m’abandonner, de m’abandonner toute, je ne le sentis que lorsque je fus seule avec moi-même. »

(Ce texte est extrait d'un livre dont je n'ai pas noté les références et que j'ai lu adolescente. Aujourd'hui, bien des années plus tard, il me parle toujours autant qu'à l'époque où j'avais estimé nécessaire de recopier ces quelques lignes. Il faut croire que le coeur de la femme que je suis et celui de l'adolescente que j'étais est resté le même...)


