La sexualité, c'est fragile, ça s'abîme vite, ça perd toute créativité, ça se mécanise, ça se morcelle. En Occident, on a tendance à prendre son amant pour un mélange de dieu et de prince charmant, ça ne peut pas marcher très longtemps. Et même la chimie sexuelle ne suffit pas.
L'euphorie hormonale qui aplanissait tous les problèmes est rarement éternelle. Et, plus les amoureux sont passionnés, plus les orages peuvent faire passer le dernier cyclone pour une petite bruine.

Il n'embrassait pas, il tournait autour d'elle comme un totem ou un tabou freudien. En fait, il a embrassé tant de personnes, dans sa vie, qu'il est las. Il a eu des grandes, des moches, des rondes ; des belles, des vieilles. Dans son cas à elle, il attendait, attendait et, pendant ce temps-là, il vieillissait, vieillissait. Ensuite, alors qu'elle n'y croyait plus, il a esquissé un geste dans sa direction. Et depuis, pour compenser le fait qu'il n'en revient pas qu'une fille s'intéresse à lui, il lui en fait baver des ronds de chapeau.

Les gens hésitent encore beaucoup avant de demander du réconfort à leur partenaire (nous). Quand on pose une question toute simple à un garçon, même moderne - Qu'est-ce qu'il y a ? Est-ce que tu es fâché ? Tu veux parler ? - il répond, avant tout, qu'il est capable de se débrouiller tout seul. Raconter ses angoisses équivaut encore pour un homme amoureux à se transformer d'un coup en sous-homme.



